Les relations que la DGSE entretient avec l'ensemble des services constituant «
la communauté française du renseignement » contribuent à assurer la protection de nos ressortissants, du territoire
national et des intérêts français dans le monde.
Comme l'expliquait un porte-parole du ministère de la Défense lors d'une interview : la
DGSE ne
peut raisonnablement pas faire la publicité pour ses interventions.
On comprend aisément la nécessité de protection des personnes ayant permis d'éviter un attentat ou de démanteler une filière
menaçant la
sécurité nationale.
Un attrait romanesque
Une réponse tout à fait sensée mais qui a le don de maintenir dans nos esprits un « attrait romanesque » pour ces
métiers.
De là à imaginer ces professionnels partir le matin sous une blouse d'ingénieur pour rejoindre un bâtiment caché dans le sol et
accessible uniquement par un ascenseur à reconnaissance rétinienne, il y a une marge, celle du cinéma.
Seuls les élus du Service Action pourraient se vanter d'une vie trépidante d'espions ... s'ils en avaient le droit !
Comment plonge-t-on dans La Piscine ?
Société d'informations oblige, les groupes terroristes et les services secrets se sont adaptées aux technologies de l'information :
forums de discussion,
sites web,
courrier électronique,
etc ...
De l'analyste, à l'ingénieur, en passant par le non moins essentiel traducteur, dissimulant une langue rare comme arme secrète, il
s'agit bien d'Intelligence Service.
La DGSE emploie de 3 500 civils à 1 500 militaires environ. Comme pour tout autre poste dans l'administration
publique, le personnel est majoritairement recruté sur concours, à partir de bac +3 pour les civils.
Aujourd'hui, si ces services disposent de peu de places, le métier et les postes à pourvoir sont promis à une forte évolution dans
les années à venir, notamment dans un environnement international tendu et face à l'ouverture d'un nouvel espace :
le cyber.
Concernant d'éventuels recrutements de pirates, il ne faut pas oublier que la DGSE dépend du
Ministère de la Défense,
afin d'éviter tout conflit d'intérêt avec les pouvoirs politiques en place, et ne manquera pas de placer en prison les pirates
tombés dans l'illégalité.
Des services bien secrets ...
Surnommée La Piscine [*], la Direction Générale de la Sécurité
Extérieure ou DGSE est le plus secret des services de renseignement français, aux
côtés de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire) et de la
DRM (Direction du Renseignement Militaire).
Le successeur du SDECE
Les services secrets mènent trois principales missions :
le contre-espionnage,
la lutte contre le terrorisme,
la protection du patrimoine économique et industriel,
Ce qui qui englobe également la lutte contre la cybercriminalité.
La DGSE est le service
d'espionnage de la France. Depuis le 4 avril 1986, elle a succédé au Service de Documentation Extérieure et de
Contre-Espionnage
(SDECE) crée
après la fin de la seconde guerre mondiale.
La DGSE est chargée de rechercher et d'exploiter les renseignements intéressant la sécurité du pays. Elle a aussi
pour mission de détecter et d'entraver, hors du territoire national [**], les activités d'espionnage
dirigées contre les intérêts français
(décret n° 82-306 du 2 avril 1982).
Ses deux principales missions consistent donc à acquérir des renseignements stratégiques, par des moyens humains et techniques, et
à intervenir militairement si nécessaire.
La Guerre technologique
Dès le début des années 80, la DGSE dispose de son propre outil de surveillance : le
logiciel Taïga,
fourni par Thomson. Depuis, le service a bien sûr évolué et de nombreux outils sont désormais utilisés pour surveiller toutes
les communications :
stations radars,
câblage sous-marins,
écoute satellitaire,
programmes informatiques de surveillance du web ...
Tous les ingrédients d'un
Frenchelon,
sur le modèle du système américain d'interception des communications téléphoniques privées, fax et courriers électroniques.
Des écoutes largement facilitées par l'utilisation à grande échelle des réseaux satellitaires. Les bases françaises connues se
situent à :
Alluets-Feucherolles (Yvelines),
Agde (Hérault),
Domme (Dordogne),
Solenzara (Corse-du-Sud),
aux Antilles,
à la Réunion,
à Djibouti,
à Mayotte, ...
Ces bases emploieraient au moins 1 500 personnes. Récemment, la DGSE aurait d'ailleurs fait appel au CEA (le
Commissariat à l'Energie Atomique), afin de profiter de son système informatique particulièrement puissant, pour le décryptage de
codes entre autres.
Le renseignement économique
Le métier du renseignement a considérablement évolué face à la prolifération de 3 activités malveillantes touchant les entreprises :
le crime organisé, l'espionnage industriel et la désinformation. Dans ce domaine, les gouvernements n'hésitent plus à s'immiscer dans
l'espionnage commercial pour défendre les intérêts de leurs pays, voire en échange de bons procédés.
En 1994, Airbus aurait ainsi perdu un marché de 80 avions ravitailleurs en Arabie Saoudite, Boeing ayant reçu des informations
confidentielles sur l'offre du consortium européen, récupérées par
Echelon.
A l'inverse, en 1991, le FBI révèle les tentatives d'espionnage de la DGSE sur certaines entreprises
américaines, notamment Texas Instrument et IBM.
Victimes à leur tour de la mondialisation, les services du monde entier doivent faire face aux participations, fusions/acquisitions
des grandes entreprises. Ainsi, en 1995, le ministère de la Défense est intervenu pour empêcher la cession à IBM d'une filiale de
France Télécom équipant les services français du renseignement en systèmes informatiques.
A noter : aux Etats-Unis et en Allemagne, les services de renseignement sont soumis à des instances
de contrôle, ce qui n'est pas le cas en France...
Du mythe à la réalite ...
Malgré les activités de Ian Fleming au sein des services de renseignement de la marine britannique durant la Seconde Guerre Mondiale,
nous sommes bien loin du mythe James Bond, ses gadgets en tout genre et ses missions très manichéennes.
La réalité est bien moins romanesque mais reste très secrète, notamment en France, et souvent intéressée, aux Etats-Unis par
exemple.
* La DGSE est surnommée la Piscine en raison de la proximité de son siège avec la
piscine des Tourelles, 141 boulevard Mortier dans le XXe arrondissement de Paris
**Le contre-espionnage, sur le territoire français, n'est pas assuré par la DGSE, mais par la
Direction de la Surveillance du Territoire (DST) placée sous l'autorité du ministre de l'Intérieur. Par conséquent
la DGSE n'est pas censée agir sur le territoire français (de même que la DST n'est pas censée intervenir à
l'étranger).